Module 3 –
« Plus jamais? » : Libération et années d’après-guerre

Introduction

Max a été libéré du camp de concentration d’Ebensee le 6 mai 1945. Il a raconté ses souvenirs de ce passage dans ses mémoires :

« …un détenu est entré en traînant ses sabots de bois et a fait une annonce surprenante. Il a dit que les gardes SS n’étaient plus dans la tour de guet et qu’un drapeau blanc flottait au portail principal… J’étais très malade et extrêmement faible, mais j’ai rassemblé mes forces et enjambé les corps sur le sol, déterminé à sortir du baraquement. À ce moment-là, j’ai senti que sortir signifiait la vie et que, si je restais à l’intérieur, entouré par la mort, je périrais à coup sûr… C’est alors que le portail s’est effondré et qu’un char, arborant une étoile blanche, a fait irruption. Quel spectacle! Plusieurs soldats afro-américains étaient assis sur la tourelle; les yeux écarquillés, ils regardaient avec horreur la scène qui s’offrait à eux et respiraient l’odeur de milliers de corps en décomposition… La dévastation était plus atroce que tout ce qu’ils avaient vu sur les champs de bataille. S’ils étaient arrivés seulement quelques heures plus tard, beaucoup plus d’entre nous seraient morts. »

Source : Max Eisen, Au seul hasard du destin (Harper Collins, 2016), 168-169.

Max, comme les personnes qui avaient survécu à l’emprisonnement dans le système des camps de concentration nazis, était enfin libre! Mais que signifie la liberté face à une perte et à une dévastation d’une telle ampleur? Au moment de sa libération, Max a commencé à prendre la mesure de tout ce qu’il avait perdu : ses parents, ses frères et sa sœur, ses grands-parents, ses tantes, ses oncles et ses cousins, ses amis, sa maison et sa communauté. Comment peut-on seulement commencer à comprendre l’immensité d’un tel deuil? Avec un courage et une résilience remarquables, Max a entrepris un long processus de reconstruction. Il a fallu du temps. Il a finalement immigré au Canada, où il a amorcé une carrière fructueuse, fondé une famille et est devenu éducateur sur l’Holocauste. Il a témoigné devant des publics de tous âges, au Canada et ailleurs dans le monde. Il a également livré des témoignages lors de deux procès de criminels de guerre nazis en Allemagne, en 2015 et 2016. Max a consacré sa vie à respecter les dernières volontés de son père : « raconter au monde ce qui est arrivé » à sa famille et aux millions de Juifs d’Europe continentale durant l’Holocauste. Son message au public, lorsqu’il est témoin d’antisémitisme ou de toute autre forme de haine, est clair : « Nous devons tous prendre parti et déclarer que nous n’accepterons pas ce genre de traitement, pas dans mon école, ni dans ma ville, ni dans mon pays. »

Ligne du temps

Questions :

  1. Penses-tu que justice puisse être rendue à la suite d’un génocide? Explique ton point de vue.
  2. Au-delà de la responsabilisation des auteurs et des sanctions imposées pour les crimes commis, que représentent des procès comme ceux de Nuremberg pour les communautés touchées par des atrocités?

Carte

Reviens aux pays examinés dans le module 1. Regarde maintenant la population juive en 1948. Compare la population juive d’avant-guerre à celle de l’après-guerre. En comparant ces chiffres, réfléchis à la façon dont les idéologies haineuses qui diabolisent et déshumanisent des groupes, comme la communauté juive pendant l’Holocauste, contribuent aux crimes contre l’humanité et au génocide.

*Cette ressource n’est actuellement disponible qu’en anglais, mais elle fournit des informations importantes aux étudiants.

Artéfacts

Afin d’enquêter sur les sources primaires et de les comprendre, les historiens exercent leur esprit critique à l’égard des objets et posent des questions. Choisis l’un des documents présentés dans ce module et commence par lire les renseignements disponibles à son sujet.

QUE CONTIENT UN DOCUMENT?

Maintenant que tu en sais un peu plus sur le document, réfléchis aux informations manquantes. Qu’aimerais-tu savoir de plus? Formule au moins trois questions que tu poserais pour mieux comprendre. Enfin, que nous apprend ce document sur Max?

FACULTATIF : Choisis l’une de tes questions et effectue une recherche pour y répondre.

Témoignage

Max a partagé son témoignage avec des publics du monde entier par l’entremise de divers forums. Les témoignages vidéo utilisés dans ce programme comprennent celui de février 1995 pour les archives visuelles de l’USC Shoah Visual History Archive, ainsi que celui de juillet 2018, enregistré dans le cadre d’un programme de réalité virtuelle avec l’USC Shoah Foundation.

QUESTIONS :

  1. Après la libération, quels défis Max et les autres survivants ont-ils dû affronter?
  2. Décris le retour de Max à Moldava.
  3. L’antisémitisme ne s’est pas arrêté avec la fin de la Seconde Guerre mondiale ni avec la libération des camps de concentration. Aujourd’hui encore, certaines manifestations d’antisémitisme s’appuient sur l’imagerie et le langage de l’époque nazie. Donne trois exemples où l’utilisation du langage et de l’imagerie liés à l’Holocauste est problématique.

SUJETS DE RÉDACTION

TÉMOIGNAGE – L’HÉRITAGE DE MAX :

Regarde les vidéos LEÇONS du module 3 et réponds aux questions ci-dessous.

  1. Quel est, à ton avis, l’héritage de Max?
  2. Comment les témoignages peuvent-ils recentrer la parole des victimes et montrer la diversité des expériences vécues pendant l’Holocauste?
  3. Quelles questions souhaites-tu encore poser pour approfondir ton apprentissage?